28.03.14

Tell me about Beauty

Happo-en event space (Shirokane, Tokyo) Taiko & Geisha show

BEAUTY

It starts with the shade of a paper umbrella

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And then she appears

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Raising in the midnight sun light

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She open the ball of amazement

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Dominating the beat of the drums

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Multipliying

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Being light and being shadow

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Like a floating opera

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And finally retreating behind the paper umbrella.

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Beauty is inspiration. Find it everywhere. Let it radiate.

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19.03.14

On ira

Revient régulièrement dans la presse et sur les écrans, en ces temps de crise sans fin et de pessimisme, l’assertion selon laquelle un nombre conséquent de jeunes Français choisit de quitter la mère patrie pour aller chercher de l’herbe plus verte ailleurs. Fatigués par un système social trop lourd, par des impôts trop élevés, par des salaires trop bas, ils se dirigeraient vers l’étranger où on gagnerait plus et où on raquerait moins.

Selon l’orientation du média interprétant cet état de fait, on déplore l’immobilisme et le manque d’horizon qui sévissent en France, obligeant la jeunesse à voguer vers des cieux plus cléments ; ou bien au contraire, on trouvera que fuir au loin au lieu de remonter ses manches pour relever le pays est assez peu patriote de la part des jeunes expatriés en question. On est surtout consternés par la perte des brillants diplômés issus des grandes écoles et des universités françaises les plus prestigieuses. Si la France laisse partir ses meilleurs cerveaux au profit des puissances étrangères, alors ce n’est pas demain qu’elle retrouvera son lustre d’antan.

L’auteur de ce post est directement visée par ces propos. Titulaire d’un Master obtenu dans une grande école, polyglotte, je suis partie m’installer au Japon sitôt mon diplôme en poche. Je suis donc assez représentative de la population dont on parle.

Et tout cela me fait doucement rigoler.

Il est évident que ceux qui s’imaginent que l’herbe est plus verte hors de France sur le plan matériel n’ont pas souvent mis un pied hors de l’hexagone.

Prenons mon exemple, puisque qu’après tout on parle de moi.

Mythe n°1 : les jeunes cervelles françaises quittent la France pour trouver de meilleurs emplois (mieux payés et plus prestigieux).

Voyons voir.

Si j’avais fait le choix de rester en France après l’obtention de mon diplôme, j’aurais certainement trouvé un emploi en quelques semaines ou en quelques mois. Naturellement, cela aurait pu prendre plus ou moins de temps selon mes envies et mes exigences, mais tôt ou tard j’aurais trouvé un travail dans ma branche. Tous ceux de ma promo qui sont restés en Douce France ont fini par en trouver un plus ou moins à leur pied. En effet, en France, les grandes écoles jouissent d’une certaine réputation ; chômage ou pas, leurs diplômés seront presque toujours recrutés en priorité. Il en va de même pour les étudiants de fac ou de BTS du moment que leur parcours est reconnu et estimé par les gens de la profession. Je ne dis pas que ça vous tombe dans le gosier tout rôti, ni qu’on a toujours un choix fou, ni qu’on trouve forcément quelque chose à la hauteur de ses qualifications, ni qu’on est forcément bien payés, « crise oblige », mais les gens qui ont fait des études finissent par trouver du travail ou par s’en créer. Les vraies victimes du chômage sont les personnes sans grandes qualifications, sans arguments, sans possibilité de transformation (et ce n’est pas ceux là qui s’en vont voir ce qui se passe à l’étranger, en général). Bref, si j’étais restée en France, j’aurais été dans le haut du panier sur le marché de l’emploi.

Mais figurez-vous qu’à l’étranger, personne ne sait ce qu’est une grande école, et personne n’a envie de le savoir. Cette ligne sur mon CV, au même titre que mes années d’hypokhâgne et de khâgne, bouffe inutilement de la place. A part une poignée de francophiles invétérés, qui peut comprendre le fonctionnement de ce système franco-français élitiste et démodé ? Qui ça intéresse, en Chine, en Inde ou au Mexique, que vous sortiez d’Audencia Nantes ou même de Polytechnique ? Je vous le confirme : personne. Il faudrait vraiment que le recruteur prenne le temps de faire des recherches sur lesdites écoles pour comprendre votre potentiel. A la limite, claironner que vous venez de « Paris University » (ce qui ne veut rien dire) ou « Toulouse University » impressionnera bien plus votre interlocuteur. Ce sont de grosses villes, il en a entendu parler, les universités doivent être cotées. Il ne sait pas, lui, le recruteur étranger, que les universités françaises fonctionnent bêtement à la sectorisation et qu’il n’y a guère de mérite à intégrer la fac d’une grande ville, vu qu’il suffit d’y habiter.

Mettez vous ça dans le crâne : être diplômé d’une grande école ne m’ouvre pas la moindre porte à l’étranger, contrairement à ce qui se passerait en France – et loin de moi l’idée de critiquer, car j’ai beau en être le produit, je trouve notre système de grandes écoles hyper-sélectives versus facs fourre-tout-open-bar diantrement farfelu. Heureusement pour moi, mon niveau Master est plus éloquent pour le recruteur étranger, mais j’aurais très bien pu faire ces 5 ans d’études supérieures n’importe où en faisant de la présence et en validant mes partiels à l’arrachée, que ce serait rigoureusement la même chose. En un mot, aucun tapis rouge ne se déroule sous les pieds des jeunes « brillants diplômés » français à l’étranger.

Le boulot à l’étranger, il faut aller l’arracher avec les dents. Il faut parler la langue du pays d’accueil, il faut adopter les us et coutumes locaux, il faut savoir se vendre alors que votre CV est sibyllin pour votre employeur. Puisque justement vous êtes jeune, en général vous postulez à des postes de junior, d’exécutant, et il faut absolument que vous sachiez parler, lire et écrire dans la langue du pays d’accueil. Vous avez intérêt à vous accrocher, car le moindre entretien en langue étrangère, ne serait-ce qu’avec un agent de recrutement, est une épreuve. Et par la suite, bien sûr, c’est encore plus stressant.

Par ailleurs, lorsque vous êtes à l’étranger, l’étranger c’est vous, il est bon de le rappeler. Or, les postes où une personne étrangère est volontiers requise ne sont pas légion. Pourquoi est-ce que les employeurs d’un pays X auraient besoin d’un Français dans leurs rangs ? Je veux dire, prenez une entreprise en France : même si l’activité est très orientée vers l’international, elle embauchera plutôt des Français bilingues ayant de l’expérience à l’étranger plutôt que des étrangers qui, malgré tous leurs efforts, feront inévitablement des fautes de grammaire dans leurs e-mails. Vous en avez beaucoup, vous, des collègues étrangers, hormis ceux qui sont sous-payés pour faire le ménage ou ramasser les poubelles ? Hé bien hors de France, c’est pareil. Même si vous vous « débrouillez bien » dans la langue locale, vous serez toujours infiniment moins efficace qu’un employé du pays. Le moindre rapport à écrire ou même à lire va vous demander des heures là où un local torchera ça en 30 minutes. Alors à moins que l’entreprise vise spécifiquement des marchés francophones ou ait un lien quelconque avec eux, elle n’aura aucune raison spécifique de vous embaucher, vous. Du coup, les postes qui sont faits pour vous, jeune diplômé français, sont rares. Il faut les débusquer, il faut se démarquer de vos concitoyens également candidats, il faut sacrément se battre pour y arriver. Ce genre de question ne se pose pas lorsque vous jouez à domicile.

Et puis à l’étranger, les modes de recrutement ne sont pas les mêmes qu’en France ; ils sont souvent difficiles à comprendre, voire difficiles à pénétrer. Au Japon, par exemple, les grandes entreprises qui auraient éventuellement de la place pour des profils internationaux recrutent directement dans les universités, comme c’est l’usage dans l’archipel. Vous pouvez toujours envoyer votre CV aux RH ou tenter de leur parler au téléphone, ce ne sera que de la perte de timbre et de temps. D’emblée, vous êtes hors-circuit du mode de recrutement traditionnel. Il faut donc que vous alliez viser des niches, êtres aux aguets, vous faire du réseau… Vaste programme lorsqu’on est seul et sans économies à l’autre bout du continent. D’autres pays fonctionnent entièrement par bouche à oreille, d’autres recommandations des pairs, bref, puisque vous êtes un outsider et que personne ne vous connaît, cela demande une énergie folle de vous rendre visible sur le marché de l’emploi. Ce n’est pas comme en France ou vous pouvez demander à votre maître de stage de contacter X ou Y pour lui faire passer votre CV. Votre maître de stage, il est loin, ainsi que toutes les personnes ressources qui vous auraient soutenu en France. Lorsque vous partez à l’étranger, vous êtes livré à vous-même, c’est à vous de vous faire ce qu’il faut et ce n’est pas une sinécure.

Mythe n°2 : les jeunes Français fuient la lourdeur du système français, ils partent pour plus de flexibilité, pour plus de facilité.

… Je vous annonce d’emblée qu’une personne qui quitterait la France pour ce genre de raison tomberait sacrément de haut.

Certes, l’administration française est un monstre d’illogisme, de gaspillage, de perte de temps, d’encroûtage et tout ce que vous voulez. Mais dites-vous bien que la plupart des administrations des pays développés sont tout aussi casse-couilles. Et même dans le cas des plus rationnelles, je vous rappelle encore une fois que tout se passe dans une langue étrangère : la moindre démarche à faire en suédois ou en mandarin, ça reste une corvée à se taper la tête contre les murs.

Quant aux pays en développement où il y a certes moins de papier, vous payez cher le prix de la facilité administrative : aucune garantie sur rien, payement de bakchich à tous les étages, malhonnêtetés que vous ne pouvez dénoncer auprès de personne car rien n’est prévu pour prendre des sanctions… Comme on dit, y’a le pour et y’a le contre. Mais qu’on n’essaie pas de nous faire croire que les pays où on peut monter son entreprise en un jour sont des paradis sur terre, sachant que vous vous y ferez aussi occasionnellement racketter par la mafia ou simplement trahir par vos fournisseurs qui vous copieront vos produits et les vendront moins cher dans votre dos. Sans que vous ayez le moindre recours.

Si j’étais restée en France, j’aurais eu mes parents, mes amis, tout le monde autour de moi pour m’aider dans mes tâches administratives. J’aurais pu trouver un logement en location grâce aux garanties apportées par ma famille. J’aurais trouvé sur internet des réponses concrètes à mes problèmes, j’aurais pu facilement demander autour de moi. Les documents, mes coups de fil auraient été en français.

Mais au Japon, je suis sans garant, je suis lost in translation, je suis soumise à des problèmes de visa et de statut de résidence. Décrypter un site internet, poser des questions techniques au téléphone sont des combats au quotidien. Monter mon entreprise est une opération compliquée en raison de la nature de mon visa.

Ainsi, même dans les pays les plus libéraux où les choses sont techniquement plus aisées, votre statut d’étranger vous pose des difficultés qui compensent largement les éventuelles facilités. Vous devez vous coltiner les questions de permis de séjour et d’autorisation d’activité, de garanties, vous débrouiller dans tout ça en langue étrangère, vous prendre des claques en constatant que les lois locales qui vous avaient paru si alléchantes dans un premier temps ne vous protègent guère et même jouent en votre défaveur. Je ne connais pas un seul jeune entrepreneur à l’étranger qui n’en a pas bavé des ronds de chapeau. Rien n’est « plus facile » ailleurs. C’est seulement différent.

Mythe n°3 : les jeunes Français s’en vont pour payer moins d’impôts.

Excusez-moi, mais à part les golden-boys de la finance qui s’exilent à Hong-Kong ou au Luxembourg et qui en effet, y payent sensiblement moins d’impôts, je suis obligée de vous dire que nous autres les expatriés lambdas ne sommes pas franchement concernés. Nous aussi, on crache au bassinet, rassurez-vous.

Je rappelle qu’ici nous parlons donc des jeunes. Lesquels, dans l’extrême majorité, ne sont pas propriétaires, n’ont pas de grandes sommes sur leurs comptes bancaires, ne font pas des affaires financières juteuses, bref ne sont guères intéressés que par la fiscalité qui va peser sur leurs revenus (et éventuellement, sur ceux de leur future entreprise, s’ils ont une âme d’entrepreneur).

Donc, je suis un jeune, et que je voudrais bien payer moins d’impôts sur le revenu de mon travail. La France est sur le podium des Etats qui nous pompent le sang à la source, j’en conviens. Vers quel beau pays me tourner alors ?

Pour caricaturer, il y a deux types de destinations : les pays développés où l’Etat est sensiblement aussi mastodonte qu’en France, ou les pays moins développés où l’Etat vous laisse tranquille mais où il n’y a rien en termes d’infrastructures, de transports, d’offre de soins etc.

Dans le premier cas de figure, vous pouvez tout de suite cesser de fantasmer : les impôts sur le revenu sont tout aussi lourds, ou quasiment.

En France, à salaire moyen (disons autour de 2000 euros nets), sauf cas de figure exceptionnels, on laisse environ un mois de salaire par an à l’impôt sur le revenu. Hé bien au Japon, c’est quasiment pareil. Certes le système est différent et ici, c’est surtout la taxe d’habitation qui vous assomme, mais le résultat est sensiblement le même. Je conçois bien que selon les pays, on puisse gratter quelques centaines d’euros sur la facture, mais de là à en faire un argument pour s’expatrier… D’autant plus que ce que vous payez en moins sur l’impôt, en général vous devez le consacrer à pallier les manques en termes de remboursement des soins, d’allocations chômage, d’aides sociales etc., qui très souvent à l’étranger sont loin d’être aussi accommodants qu’en France.

Dans bien des cas, partir à l’étranger de votre propre chef signifie faire une croix courageuse sur le remboursement des soins, sur vos points retraite, sur les congés maternité/paternité à moyen ou à long terme, sur les allocations diverses et variées, sur tout ce à quoi les Français de France sont habitués. En effet, il n’est pas toujours possible, lorsqu’on n’est plus domicilié en France et qu’on ne touche pas de revenus d’une source française, de continuer à cotiser en France. Pour de multiples raisons (notamment de visa ou de permis de séjour), on doit souvent se rabattre sur les systèmes de cotisation locaux, et peu d’entre eux sont aussi avantageux que chez nous, soyons-en assurés.

Dans le deuxième cas de figure, d’accord : dans les pays à l’économie émergente, vous ne paierez pas ou peu d’impôts. C’est ce qui compense l’absence de trains et de bus, d’hôpitaux performants, d’eau dans les tuyaux à l’heure de la douche, de routes, etc. Si vous êtes du style aventurier, vous vous sentirez plus léger… - on rappelle quand même que si vous ne payez pas du tout d’impôt sur le revenu, ou si vous en payez à un niveau ridiculement bas, alors vous devrez autant d’années perdues à l’Etat français quand vous reviendrez. Ce n’est pas comme si vivre à l’étranger était une parenthèse fiscale. Soit vous continuer à payer vos impôts en France, soit vous en payez au pays d’accueil à un niveau acceptable (selon la liste des pays avec lesquels la France a signé des accords), soit l’Etat français vous rattrapera de toute façon. Et peut-être que bientôt, on n’aura plus le choix, tous les citoyens français devront payer leurs impôts à la France quoi qu’il arrive, comme ça ce sera encore plus clair. Alors sauf les loulous de la finance qui n’auront plus l’opportunité d’aller jouir de l’intégralité de leurs aberrants bonus dans un paradis fiscal quelconque, je ne vois pas bien en quoi ça nous changera drastiquement la vie. Je vous fiche mon billet qu’il y aura tout autant de jeunes qui partiront au gré des vents quand ils seront obligés de payer leurs impôts en France quoi qu’il arrive. Pour ce que ça changera…

Mais alors mais alors, en fin de compte, si ce n’est pas pour se dorer la pilule en maudissant la mère patrie, pourquoi partent-ils donc, tous ces jeunes ?

Je vais vous faire rêver : si je suis partie au Japon, ce n’est pas pour des raisons économiques, ni pratiques, ni financières. Sinon, je crois que je serais bien vite rentrée.

Ceux qui partent à l’étranger avec un cortège de privilèges, ce ne sont pas les jeunes diplômés : ce sont les directeurs, les managers de haut vol envoyés par les grosses boîtes françaises dans leurs filiales internationales. Ils sont de plus en plus rares, d’ailleurs, et tout cela ne repose pas beaucoup sur des décisions personnelles.

Ceux qui s’envolent réellement pour des raisons pécuniaires, c’est une population très particulière de gens de la finance, et on les retrouve dans des régions très localisées qui ne trompent personne. Rien à voir avec tous les petits gars qui partent pour l’Australie, pour la Corée, pour la Hongrie, pour l’Argentine, pour le Sénégal, sans avoir ne serait-ce que songé à ce qui les y attendait en termes d’impôts et de charges sociales.

Si nous partons, c’est que nous appartenons à cette génération aux aspirations mirobolantes.

Voyez-vous, nous sommes arrivés à l’âge adulte avec peu de perspectives, mais de grandes espérances. Dès l’enfance, on nous a seriné que pour nous, ce serait dur. Nous sommes les enfants du chômage galopant, des crises financières, du marasme économique, de la menace terroriste, du désastre écologique. Il nous resterait bien l’amour, mais nous sommes aussi les enfants du divorce et du sida. Nous sommes la génération des mal-logés, de ceux qui n’accéderont probablement jamais à la propriété, qui n’arrivent pas non plus vraiment à être locataires, qui dépendent indéfiniment de leurs parents, qui n’auront sûrement pas de retraite. Nous sommes la génération concession, la génération stage, la génération CDD, la génération sois-flexible-ou-crève.

Et comme l’horizon immédiat était bouché, nous avons dû regarder plus loin. Nous sommes la génération des films à effets spéciaux, la génération des compagnies aériennes low-cost, et la première génération internet. Nous nous sommes gavés d’images, de scénarios, de théories. Nous avons vu sur nos écrans des destinations fabuleuses et elles nous ont semblé accessibles, puisque nous pouvions les toucher de doigt depuis nos chambres d’ados attardés. Nous nous sommes dit qu’après tout, le monde nous tendait les bras. Nous avons décidés que puisqu’il ne nous serait pas possible d’avoir des vies ordinaires, alors nous aurions des vies extraordinaires.

En fait, ces jeunes que vous dites désabusés parce qu’ils sont assez indifférents au système social qui coule ou aux perspectives d’augmentation de onze euros sur le SMIC, ce sont au contraire de grands rêveurs.

Après tout, quitte à se galérer pour payer son loyer et retrouver encore un emploi, autant subir la précarité de la vie là où l’existence est passionnante. Là où chaque mésaventure vaut le coup d’être racontée, puisqu’elle a lieu dans un cadre si exotique. La jeunesse qui part à l’étranger, c’est une jeunesse qui a envie de se raconter. Une jeunesse qui veut être sous les feux de la rampe. Une jeunesse qui a envie d’exister.

Nous n’amasserons jamais mousse, ou alors elle sera mince. C’était écrit dès le départ. Du coup, les plus débrouillards d’entre nous ont pris le parti d’être de joyeuses pierres qui roulent. C’est mon cas. Et c’est le cas de presque tous les jeunes Français du Japon que je connais, en tout cas de tous ceux qui y sont venus par eux-mêmes.

Voilà pourquoi nous sommes sortis de notre coquille française, même si en toute honnêteté, avant qu’on nous envoie ça dans les dents, nous n’avions pas vraiment eu le sentiment de quitter quoi que ce soit. On ne sent jamais plus Français que lorsqu’on est à l’étranger. On n’est jamais plus fier, plus attaché à son pays que lorsqu’on en est à chaque seconde l’ambassadeur. Grâce à nous la France n’existe pas que sur son territoire mais aussi un peu partout où nous mettons les pieds. Bien entendu que tout le monde n’est pas fait pour vivre à l’étranger, mais comment peut-on nous reprocher d’être des Français de l’extérieur ? La France a besoin de nous aussi pour porter ses couleurs ! Laissez-nous l’incarner auprès du monde, nous et nos brillantes cervelles.

 

 

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11.03.14

My Little Weekend Box

YES. Exactly. We're in March, sweet sunshine and fresh rain clouds are competing for the sky, and this girl wants to enjoy her WEEK-ENDS at the park in Tokyo. With pure strings, swallows, daffodils and these cute leopard print glasses by My Little Box Japan.

My Little Box Japan in March : Week-end spirit

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Keep calm, week-end is coming soon.

 

 

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08.03.14

Ume festival at Yushima Tenjin

In two weeks, the sakura will start to blossom, luring admirers from the five continents. But don't forget that this is the blossoming ume plum-trees that really open the hanami season in Japan. Shy, discrete, perfumed ume flowers that the Japanese were worshiping far before the new cult of the cherry trees.

Today I visited Yushima Tenjin Shrine, in Bunkyo-ku (Tokyo), one of the the most famous ume spot in the capital.

Iconic ume flower

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Ume paradise

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The shrine itself is not far from the prestigious Tokyo University, and many students of the area come and pray there to pass the next exams.

Yushima Tenjin

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"Please God, help me to graduate this year again"

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Just like the sakura, there are many kind of ume trees. Some flowers are white, pink, dark pink or almost yellow. All of them smell very nice.

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As soon as I will be properly settled in my own place, I will bring home one of these adorable ume bonsai! How sweet and cute!

I'm in love.

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After visiting Yushima Tenjin, you can have a longer walk in Ueno Park. And look for the very first sakura !

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More blossoms to be continued...

 

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16.02.14

Brave

Against the ice storm, winds, and heavy snow weighing on the trees, the delicate plum flower is blossoming anyway. Because she's brave. She's a valiant little flower. She can do it. Her strong heart and discrete beauty will prevail. 

From Higashi-Matsubara park, western Tokyo.

Plum tree flower power!

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15.02.14

Snow must go on

This is the second snowy week-end in Tokyo this month. Pretty rare. With 30 cm snow and more on the street, making your way in Tokyo became the fanciest local Olympic discipline. A new kind of triathlon including diving, skiing, and jumping to reach your final destination. I can't belive that last year, I was admiring the plum tree blossoms (ume) wearing a light spring jacket.

Plum tree blossoms flowering in the snow

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Arriving at Yoyogi park, the landscape really turns into an ice field.

If a seal shows up, I wouldn't be surprised.

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Meiji-jingu under the snow

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And now the snow-woman needs a warm break. What is better than creamy ginger chai tea latte and banana cake to survive in winter?

What else?

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Winterly yours.

 

 

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08.02.14

A study in white

Since I moved to Japan, it has been snowing once every year in Tokyo. But this time is the heavier, thicker snow I have ever experienced in the capital. All the city fell into a silky, silent sleep, except for the crows which are noisily expressing  their disagreement with the climate.

At Eifukucho, a few stops away from Shibuya on the Inokashira line, the landscape looks just like a fairy tale.

Enchanted Eifukucho

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Snow turns your neighborhood into an unusual place. The flows, the irregularities of the urban landscape disappear under the purity of the frozen coat.

My freezing street

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There's nothing like snow to make you genuinely happy like a kid. I had my content of white and frozen beauty for this year.

From Snow-White, with love

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 And don't catch a cold!

 

 

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29.01.14

Ce n'est que pour les grands enfants

On pourrait croire, tous joyeusement pris dans les mailles de la mondialisation que nous sommes, que les "promesses produits" sont foncièrement équivalentes de part et d'autre du globe. Normalement, ainsi que la publicité ne cesse de nous le rappeler, nous aspirons tous à être jeunes et beaux, à vivre dans une grande maison entourés de visages souriants, et à jouir avec délice des ressources de la modernité tout en restant connecté aux vraies valeurs. Et pour atteindre ce but rêvé, il nous faudrait consommer tel ou tel produit au passage. Puisque les mêmes marques exhibent les mêmes marchandises d'un bout à l'autre du monde, il est normal de s'attendre à l'exaltation du même style de vie, des mêmes ambitions, de la même esthétique au Japon comme ailleurs. Et pourtant, les promesses produits diffusées dans l'archipel ne cessent de me surprendre. Après la promotion de la "japonitude", permettez-moi de partager ma perplexité et mon désarroi de fille de l'Ouest face à un autre grand classique de la pub nippone :

"大人の..." (otona no...) ; « Pour adulte ».

大人のりんご : Du jus de pomme pour adulte

(ou jus de pomme de l'adulte, ou jus de pomme des adultes)

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Pour adulte : en Occident, l’expression a le don de faire grimper la température de deux degrés de toute personne normalement constituée. Corps dénudés, poses lascives, chuchotements suggestifs ; le monde réservé aux adultes est celui des fantasmes, et de la possibilité de leur réalisation.

Un film « pour adultes » promet des scènes coquines.

Un livre « pour adultes » présage un parti-pris érotique.

Un magasin « pour adultes » évoque des marchandises destinées à donner du plaisir.

Un jeu « pour adultes » laisse entendre qu’il vaut mieux venir avec quelques préservatifs en poche.

Qu’est-ce qui définit un adulte, chez nous autres les héritiers des Grecs et des Romains ? La libido assumée. La sexualité cultivée. La recherche du plaisir.

... Mais pas Japon. Jugez plutôt.

大人のチーズ。Le fromage pour adulte

(ou fromage de l’adulte)

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Le fromage pour adulte. Je vous arrête tout de suite, ça ne veux pas dire qu’on finira la soirée tous à poil dans le reblochon fondu. Enfin en tout cas ce n’est pas la promesse produit, après, je ne sais pas ce qui se passe chez les gens, mais c'est une autre histoire.

Vous n’avez pas idée du nombre de produits ou de services pour lesquels le publicitaire japonais utilise l’argument « pour adulte ». Et le plus souvent il n’a rien de sexuel là dedans.

 Non, les produits ci-dessous ne contiennent pas de viagra.

Chocolat pour adulte

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Guide des sakura pour adulte

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La gym pour adulte

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Le rock pour adulte

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Les coupes de cheveux pour adulte

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Les sauces et mayonnaises pour adulte

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Le voyage pour adulte

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Les kitkat pour adulte

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Il faut savoir qu'en japonais, le mot adulte 大人(otona) s’écrit avec le caractère de la grandeur accolé à celui de la personne. L’adulte est tout bêtement une grande personne. Mais le même mot, prononcé だいじん(daijin), signifie « personne remarquable », dans le sens de l’anglais great man ; ou même « géant ». Il y a donc une idée de grandeur morale, aussi, au cœur du mot. Qualifier une personne d’adulte est très laudatif, d’où son utilisation en publicité, où il n’est jamais inutile de passer un peu de pommade à l’acheteur potentiel. Mais ça va plus loin : la publicité japonaise ne cesse de faire appel à un certain imaginaire du monde adulte.

Etre un adulte, ou passer pour un adulte au Japon, hé bien ça fait rêver. Etrange pour nous autres qui envisageons surtout le passage à l'age adulte comme la fin de l'insouciance. Un adulte, c'est un type qui travaille et qui paye ses impôts, qui a des problèmes de voiture, qui doit faire du jogging car il commence à s'empater et à qui les démarcheurs téléphoniques proposent de changer son lave-vaisselle avant la fin de l'année. Etre un adulte, ce n'est pas très glamour. Etre un enfant est fantastique : on fait du vélo, des cabanes dans les arbres, on a une imagination débordante et l'amitié indéfectible de notre chien Fido suffit à nous combler de bonheur. Etre un ado est complexe, mais prometteur : on apprend à se rebeller en écoutant du rock et en s'entichant d'un camarade de classe que désapprouve nos parents, on fait ses premières expériences, on a la pureté de notre côté. Etre un jeune est jouissif : on est libre, on est visionnaire, on a le sentiment que le monde nous appartient. Mais être un adulte, bon, ça a ce côté raisonnable et rangé qui ne fait pas vendre beaucoup de savonnettes. Je n'ai jamais vu une publicité qui essayait de me séduire à coups de "pour nous, les adultes".

Mais au Japon, être un adulte est un concept fantastique. Cela veut dire être financièrement indépendant, avoir un job et son propre appartement, cesser de devoir rendre des comptes à la planète entière et être enfin en mesure de s'écouter soi-même un minimum. Etre un adulte, c'est prendre sa vie en main. Le 大人の味 (otona no aji, le goût adulte), c'est le monde des saveurs corsées, du café, du tabac, du vin, des liqueurs ; c'est l'amer qui prend le dessus sur l'acidulé ; ce sont ces odeurs et ces goûts qui nécessitent un palais un peu aguerri pour pouvoir les savourer. Dans la 大人の生活 (otona no seikatsu, la vie d’adulte), on s'offre enfin de la qualité ; on recherche après le travail les petits bars aux décors sobres et efficaces ; on écoute du jazz dans son salon enfin meublé avec goût, en sirotant un verre de Chardonnay. Les Japonais deviennent des adultes lorsqu'ils s'extraient enfin du monde rose et infantilisant du kawaii pour pénétrer d'un pas sûr dans l'univers du kakkoii.

"Ces choses que je veux faire une fois adulte"

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Pour comprendre ce qui a de si palpitant à se projeter en tant qu'adulte au Japon, il faut bien se rendre compte du côté énorme bonbonnière rose que peut constituer la sphère consumériste dans ce pays. L’imagerie kitch tirée des manga vous poursuit où que vous alliez, et vous n’êtes jamais à l’abri du rose bonbon et des paillettes. En un mot, l’environnement commercial au Japon est assez fortement infantilisant.

On parle quand même de là où est né Hello Kitty, ne l'oublions pas

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Et même hors les boutiques, le Japon croule sous les gadgets, sous les icônes, sous les mascottes. Les petits nounours, les petits lapins collés partout vous poursuivent dans les rues, se terrent dans les emballages, se tapissent dans la moindre brochure, s’affichent jusque dans les contextes les plus inattendus. Lui, là, par exemple, c'est le symbole de la police de quartier. Avouez que ça inspire le respect. Je ne vous raconte pas si nos flics avaient la même.

Police japonaise, bonjour

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Du coup, on comprend que nos Japinouches arrivent parfois à saturation. Et se mettent à rêver de maturité.

Mais il y a un niveau supplémentaire d'explication de ce phénomène "d'adultisme" dans la publicité nippone, qui appartient au champ plus spécifiquement professionnel.

J'ai pu remarquer, lors de testing de produits innovants auprès des consommateurs japonais, que ces derniers avaient besoin, pour se sentir autorisés à donner leur avis personnel sur la nouveauté, de savoir si oui ou non le produit leur était destiné à la base. C'est à dire, est-ce que la marchandise avait été conçue pour les jeunes ou les moins jeunes, les étudiants ou les actifs, les femmes ou les hommes, etc. Cela m'a étonnée plus d'une fois car en Europe, les réactions toutes personnelles n'auraient pas attendu pour fuser ; à la question "achèteriez-vous ce produit ?", les gens répondent tout simplement ce qui leur chante. Mais les Japonais, eux, semblent avoir besoin de confirmer leur droit à la parole avant de l'exercer. Peut-être est-il décidemment bien pénible, pour ces héritiers du Confucianisme, de prendre une parole trop individuelle; peut-être est-il plus confortable pour eux de s'exprimer par le truchement de leur groupe, de leurs pairs, de leur catégorie. Ils sont donc très attachés à la "segmentation" - mot barbare pour désigner le positionnement marketing d'un produit selon la "cible" (exemple : homme de quarante ans et plus, cadre supérieur, revenu élevé).

Or, lorsqu'on veut ratisser large, quelle meilleure catégorie de consommateur que l'adulte ? Il englobe tout ce qui bénéficie d'un revenu, plus les adolescents qui veulent grandir plus vite. Il est donc très confortable de s'adresser à l'acheteur en tant qu'adulte, on peut difficilement se tromper.

Bref, à en juger par la quantité impressionnante de réclames qui tirent la corde de l'adultisme, la promesse produit est efficace, et n'est pas prête de se tarir.

Tout cela m'a fait penser à un des slogans les plus mythiques de l'histoire de la pub française, qui joue exactement sur le tableau inverse : Petit Ecolier, ce n'est que pour les enfants.

Comportez-vous en adulte, qu'ils disaient

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Qui sont les plus gamins, au final : ceux qui aspirent à jouer à l'adulte responsable, ou ceux qui prennent un malin plaisir à faire les mômes ? Je vous laisse trancher.

 

Condamnés pour toujours à la Liliputi

Ceux-ci rêvaient un jour de porter la moustache ;

Désespérés d'avoir fait l'erreur de grandir,

Ceux-là cherchaient en vain à revivre le tendre âge.

 

 

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08.01.14

Kyushu Safari

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In winter, Japanese grass has this unexpected yellow shade that you would spontaneously associate to hard sun and dry weather. Maybe this color is the reason why people thought of having an open-air zoo here, in Oita, for the nature looks a bit like savannah - except the cool wind, of course. Actually, the illusion was pretty good. It was amazing to see exotic animals in the middle of Kyushu, perfectly adapted to the landscape...

Guess where I am now ?

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Yes, this is Japan!

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I am not a specialist, but animals here seem cleaner, better fed and happier than in any other zoo I have visited. If it wasn't for the tourists feeding them vegetables from the bus, you could wonder if they feel any difference with their original surrounding.

Fancy legs

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Bigger and smaller animals living together

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But my favourite part was the kangaroo park. Have you ever touched a kangaroo? Its fur is the softest thing ever !

Keep calm and be a kangaroo

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"Hey, dude..."

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So phlegmatic

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There is all kind of animals in Japan...

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06.01.14

Fukuoka in winter

Two years ago, I visited Fukuoka, the main city of Southern Kyushu island, in October : the place was still smelling like summer, with its glowing seashore in the sunset, and its people walking the street late in the night. This time, I had a radically different glimpse of the city.

New Year sales celebrations

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Foxes dressed for winter

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Naked cherry trees around the castle's ruins

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Illuminations at Hakata station

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Sparkling Canal City

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Empty and quiet yatai (street booth)

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Never forget that tourism in Japan means... food, food, food, and food again !

Hakata ramen

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Meat and veggies of the yatai

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Seafood

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Fish eggs (here, ikura in paella)

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Sweets (OK, not typical, but still enjoyable ! Happy New Year!)

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But guess what, winter or not, there is still something you can expect from Fukuoka... Sun, baby !

Sunglasses on  Happy 2014, everyone!

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Posté par NoemiMonogatari à 07:31 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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